Le consentement mutuellement éclairé par Luc Gourand, obstétricien-échographiste
Luc Gourand, obstétricien-échographiste, ex-membre du CPDPN de l'IPP.
Argumentaire
Dans son acception habituelle, l’éclairage du consentement est à sens unique.
Le médecin pense être seul à savoir ce qui est utile au bien de son patient et s’efforce de l’en convaincre. C’est ce que Balint nommait sa fonction apostolique. L’information fournie doit être complète, loyale, intelligible. La signature du consentement par le patient constitue une preuve matérielle d’accusé de réception. Rien n’est dit sur la nature de l’échange.
Mais, y a-t-il seulement eu un « échange » ? Comme si la réponse ne pouvait être que soumission ou rejet de la part d’un non-interlocuteur muet. La clinique nous démontre chaque jour le caractère bancal de cette orientation unidirectionnelle.
Il conviendrait d’en définir les limites pour éviter de se satisfaire d’un narcissisme éclairé. En effet, toute relation humaine implique une réciprocité. La rencontre n’est jamais neutre. L’information véhicule bien autre chose que des données objectives chiffrées. Qu’est-ce qu’il va passer chaque fois comme affect, comme préjugé, comme conviction sincère ? Et dans les deux sens ? Donc en interaction.
Ainsi, un consentement mutuellement éclairé devrait faire apparaître que le point de vue de l’autre, définissant son « bien », a été constituant dans une véritable négociation. C’est probablement ici que s’arrête la technologie et que commence la médecine.
Luc Gourand, juin 2002
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